Ricova rejette les vifs reproches du Bureau de l’inspecteur général

Visée par un rapport accablant du Bureau de l’inspecteur général (BIG) de Montréal, l’entreprise Ricova affirme n’avoir jamais floué la Ville de Montréal et soutient même que celle-ci n’a jamais touché autant de revenus provenant du recyclage.

Dans un communiqué publié mercredi, le p.-d.g. de Ricova, Dominic Colubriale, fait valoir que l’une de ses sociétés, Ricova International, agit depuis 20 ans à titre d’acheteur et de revendeur de matières recyclables pour des centres de tri québécois, dont ceux de Lachine et de Saint-Michel, et que son modèle d’affaires n’a jamais posé de problème à la Ville. « Montréal n’a jamais remis en question les profits que faisait Ricova International lors de la revente », souligne M. Colubriale.

Dans un rapport déposé lundi, le BIG reprochait à Ricova d’avoir empoché une partie des revenus qui auraient dû être versés à la Ville de Montréal pour la revente des matières recyclables. En gardant pour elle un montant de 20 $ la tonne, Ricova International a privé la Ville de « sommes considérables », écrivait l’équipe de l’inspectrice Brigitte Bishop. Seulement pour le contrat du centre de tri de Saint-Michel, le BIG évoquait un montant de 1,15 million qui aurait échappé à la Ville entre août 2020 et juillet 2021. Le BIG recommandait la résiliation des contrats avec Ricova et le transfert du dossier à l’Unité permanente anticorruption (UPAC?utm_source=recirculation&utm_medium=hyperlien&utm_campaign=corps_texte » target= »_blank »>UPAC).

5,8 millions versés à la Ville

Ricova ne voit pas la situation du même œil. S’appuyant sur un rapport juricomptable réalisé par KPMG, Dominic Colubriale fait valoir qu’au contraire, Ricova a permis à la Ville de bénéficier « des meilleurs prix du marché » et que sa gestion des centres de tri s’est traduite par des économies de « plusieurs millions » pour les Montréalais. En 14 mois, Ricova a versé 5,8 millions de dollars à la Ville de Montréal grâce au recyclage, soutient M. Colubriale.

Selon lui, les conclusions du BIG démontrent sa méconnaissance du fonctionnement des opérations et de la mise en valeur du recyclage. « Les centres de tri ne sont pas équipés pour mettre en place un réseau international de valorisation des matières triées, ce qui nécessite des infrastructures et documentations complexes. En ce sens, Ricova International a toujours été un partenaire constant et fiable, mais surtout, elle a toujours offert les meilleurs prix aux centres de tri », poursuit l’entrepreneur.

Rappelons que Ricova avait été désignée en juillet 2020 pour reprendre les contrats de gestion des centres de tri de Lachine et de Saint-Michel après que la Compagnie de recyclage de papiers MD et Rebuts solides canadiens se soient retrouvées en difficultés financières.

Des MRC vigilantes

D’autres municipalités et MRC québécoises ont des contrats avec Ricova et surveillent la situation de Montréal de près. C’est le cas de la MRC de Marguerite-D’Youville dont le contrat avec l’entreprise a débuté en janvier dernier. « Ça ne change rien pour notre contrat », soutient toutefois Sylvain Berthiaume, directeur général de la MRC. « C’est un contrat de collecte, de transport et de valorisation. Ce n’est pas un contrat de gestion d’un centre de tri comme c’est le cas avec Montréal. »

« Par contre, je dois vous avouer qu’on regarde avec un grand intérêt ce qui se passe à Montréal parce qu’une partie de nos matières s’en va aux centres de tri de Montréal », ajoute-t-il. « Les décisions de Montréal risquent d’avoir des impacts pour nous. »

De son côté, la MRC de Roussillon, qui a elle aussi un contrat avec Ricova, indique qu’à l’instar de Montréal, son entente contient une clause de partage des profits et des pertes. Cette clause est cependant basée sur un indice indépendant compilé par Recyc-Québec, précise Anne-Louise Milot, directrice des communications de cette MRC. « Nous recevons une ristourne lorsque le prix de vente des matières recyclables sur les marchés dépasse un certain seuil. Le contrat qui lie la MRC et l’entreprise n’est donc pas remis en cause à la suite des révélations du BIG », explique Mme Milot.

La MRC demeure toutefois « vigilante » en faisant un suivi des déplacements des véhicules des fournisseurs et en compilant les factures et les preuves de pesées, ajoute-t-elle.

Les constats du BIG ont été portés à l’attention de l’Autorité des marchés publics (AMP), mais pour l’instant, le dossier fait l’objet d’une analyse, indique l’organisme de surveillance des marchés publics.

Rappelons que le BIG avait relevé que des quatre sociétés de Ricova impliquées dans le dossier des centres de tri de Lachine et de Saint-Michel, seule Services Ricova détenait une autorisation de contracter de l’AMP.

De son côté, le cabinet de la mairesse Valérie Plante n’a pas souhaité émettre de commentaires concernant les affirmations de Ricova.

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