Charest jette les gants contre Poilievre

Après un début de campagne dans la course à la chefferie timide, dans l’Ouest, et plombé par la COVID-19 par la suite, Jean Charest s’est présenté ragaillardi devant ses partisans lors de son premier rassemblement au Québec, jeudi soir. L’ancien premier ministre québécois s’est aussi montré soudainement plus mordant à l’endroit de son principal rival, Pierre Poilievre, qu’il a accusé de vouloir « américaniser » la politique canadienne.

Le choix est clair, a-t-il martelé à plusieurs reprises au fil de son discours d’une vingtaine de minutes au Château Royal de Laval. « Est-ce que nous voulons prendre la voie américaine ? Adopter la même culture politique qui mène à une profonde division ? Ou est-ce que nous voulons à la place unir notre parti ? » a-t-il répété.

Le message était le même que lors de son lancement de campagne à Calgary, il y a deux semaines, après lequel M. Charest avait dû s’isoler, atteint de la COVID-19. « Il faut unir notre parti. Il faut absolument le rassembler. Il nous faut un chef qui connaît aussi comment préparer une campagne électorale. Or, c’est un sujet que je connais. Ça tombe bien. »

Mais le discours incluait aussi, cette fois-ci, une mise en garde sur les intentions de Pierre Poilievre — sans toutefois jamais le nommer.

M. Charest s’est défendu de sentir le besoin d’attaquer celui que presque tous les observateurs conservateurs donnent bon meneur pour l’instant, qu’il a accusé de vouloir « construire un pays » sur des « slogans » importés des États-Unis. « C’est le même enjeu […] que j’entends constamment lorsque je rencontre les gens », a-t-il fait valoir pour expliquer ses propos, en mêlée de presse après son discours.

Jean Charest a en outre indiqué vouloir retrouver un Canada « profondément divisé » pour rassembler les Canadiens, y compris « les gens de cœur » de l’Alberta qui « souffrent » de la politique libérale, 24 ans après avoir trouvé — et rassemblé — un Québec « meurtri » dans la foulée du référendum sur l’indépendance.

Cette promesse d’être rassembleur, de même que sa longue feuille de route en politique, c’est ce que citaient plusieurs militants venus l’entendre à Laval jeudi, et sortis impressionnés par son discours empreint d’énergie. « Si quelqu’un peut ramener le parti conservateur ensemble, c’est lui. C’est un rassembleur », disait Francine.

La promesse de « rassembler »

De nombreux militants libéraux provinciaux du Québec étaient aussi dans la salle, qui rassemblait près de 500 personnes. L’une d’elles, qui votait aussi pour Justin Trudeau au fédéral, expliquait avoir été depuis déçue par le premier ministre fédéral libéral. « J’avais beaucoup d’espoir quand Justin Trudeau est arrivé. Je lui ai donné sa chance. Là où j’ai complètement débarqué, c’est les dépenses à ne plus compter même en période de prospérité économique », a-t-elle affirmé, sans vouloir se nommer.

Jean Charest était visiblement galvanisé de retrouver des partisans politiques québécois. « Je reviens vers vous. Je reviens vers le parti où j’ai grandi », leur a-t-il lancé, en répétant encore une fois que les valeurs conservatrices sont les siennes depuis toujours : contrôle des finances publiques, économie de marché, soutien à la famille, règle de droit, promotion de l’énergie canadienne.

« C’est comme dans le bon vieux temps ! » observait un membre de l’assemblée, en applaudissant Jean Charest lors de son arrivée.

On comptait aussi dans la salle beaucoup d’anciens « Red Tories » qui avaient quitté le navire après Brian Mulroney, mais qui ont décidé de rejoindre le Parti conservateur avec Jean Charest.

Des avis partagés sur la Loi 21

M. Charest a cependant pris quelques positions rompant avec celles du Parti conservateur qu’il aspire maintenant à diriger — sur le contrôle des armes à feu (qu’il n’assouplirait pas) et la Loi sur la laïcité de l’État québécois (sur laquelle il interviendrait comme premier ministre fédéral, lorsqu’elle aboutira devant la Cour suprême).

Sur ce dernier point, le changement de cap de M. Charest n’a pas convaincu tous les conservateurs.

Sam Barakat, un conservateur libanais de longue date, explique être arrivé au Canada avec l’intention de « s’intégrer dans la société ». Il rejette l’opposition de Jean Charest à la Loi 21. « On va lui dire plus tard, on va le modeler », prévenait-il. « C’est le Parti conservateur qui va imposer ses pensées sur M. Charest. Pas l’inverse. »

D’autres ne s’offusquaient pas autant. « Tu ne peux pas laisser un joueur de cette qualité sur le banc », a soutenu Bruno, un sympathisant de longue date du Bloc québécois, qui a comparé l’ex-premier ministre québécois au hockeyeur Alexei Kovalev. Bien qu’il se dise un grand « nationaliste » et un supporteur de la Loi 21, Bruno affirmait accepter qu’en tant que premier ministre fédéral, M. Charest aurait à intervenir en Cour suprême. « Tu n’as pas le choix. Il défend une position canadienne. »

Le sentiment du devoir de Jean Charest de s’opposer à la Loi 21 en Cour suprême ne s’appliquerait toutefois pas au projet de loi 96 (Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français) même s’il brime les droits fondamentaux de Québécois selon ses détracteurs. « Non, non, il n’est pas question pour nous de contester la Loi 96 », a déclaré Jean Charest à la presse jeudi soir.

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