[Analyse] Après un mois, le conflit en Ukraine va-t-il entrer dans une guerre d’usure ?

Un mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, rien ne va plus pour les forces armées du Kremlin qui, loin d’avoir livré la guerre éclair espérée par Moscou le 24 février dernier, s’enlisent de plus en plus face à la résistance de l’ex-république soviétique.

Or, la tournure inattendue qu’a prise cette agression injustifiée de l’Ukraine par le cousin russe, même si elle donne espoir quotidiennement aux combattants ukrainiens sur le terrain, est loin d’être de bon augure pour la suite des choses. Elle pourrait annoncer, en effet, le commencement d’une guerre d’usure en Ukraine, un scénario dont aucune partie ne risque de sortir gagnante.

« C’est de plus en plus probable, laisse tomber à l’autre bout du fil le colonel à la retraite Pierre St-Cyr, ex-attaché de la Défense canadienne en Ukraine durant le conflit de 2014. Actuellement l’armée russe n’a plus la poussée qu’elle avait aux premiers jours. Elle a perdu 30 % de son matériel, 20 % de sa capacité humaine et se retrouve avec une logistique appauvrie et inefficace. Ça l’amène à prendre des positions plus défensives et de revoir sa stratégie, le temps de reprendre des forces et de refaire le plein ».

Après l’échec de la prise rapide de Kiev pour y installer un gouvernement à la solde du Kremlin, après la destruction de Marioupol sans avoir réussi à prendre totalement le contrôle de la ville portuaire, « les opérations russes ont changé », a indiqué mercredi, le chef du renseignement de la Défense britannique, Jim Hockenhull, lors d’un point de presse à Londres.

Vendredi, un rapport des services de renseignement ukrainien faisait état du 9 mai comme cible des Russes pour mettre fin à cette guerre, par une victoire du Kremlin, selon Ukrinform, le service de presse de l’état-major général des forces armées ukrainiennes. Cette date est symbolique pour les Russes. Elle est commémorée chaque année comme le jour où, en 1945, l’Allemagne nazie a capitulé face à la Russie. Mais l’objectif pourrait être difficile à atteindre.

« Le commandement supérieur russe est soit atrophié, soit doté de sérieux incompétents. La démoralisation et la peur sont élevées au sein des troupes russes. C’est du moins ce que mettent en évidence les nombreuses interceptions de communication. On sent la panique parmi les bataillons d’infanterie qui accompagne un niveau de perte insoutenable pour le Kremlin », poursuit M. Kordan.

Baroud d’honneur et frustration

C’est semaine, l’OTAN a estimé entre 7000 et 15 000 le nombre de soldats russes tombés au combat sur le champ de bataille ukrainien — Moscou en reconnait publiquement 1351 —, c’est presque autant que les pertes enregistrées en 10 ans par l’armée de Vladimir Poutine dans le conflit en Afghanistan. Parmi eux le commandant adjoint de la Flotte russe de la mer Noire, Andreï Paliï, mort au combat près de Marioupol, et qui est venu allonger cette semaine la liste des hauts gradés de l’armée russe ayant péri au front, signe que l’opération militaire du Kremlin est loin de prendre la direction envisagée par Vladimir Poutine.

« Étant donné ces pertes, les Russes risquent d’avoir recours à la stratégie d’une plus grande létalité, dont les armes chimiques peuvent faire partie, croit M. Kordan. Et si cela devait se produire, difficile de prévoir ce qui va suivre. Mais une chose est sûre, les Occidentaux n’auront pas d’autres choix d’y opposer une réponse rapide et sévère, puisque cela serait perçu comme une menace existentielle », et peut-être aussi comme le début de la fin.

« Ce qui met fin à la guerre, tout comme à la guerre d’usure, dit M. St-Cyr, c’est l’attrition des forces armées, d’un côté comme de l’autre, mais aussi l’appel des populations qui, devant le massacre finissent par ne plus soutenir leur gouvernement. C’est ce qui a mis un terme à la Première Guerre mondiale. C’est ce qui a influencé aussi la fin de la Guerre du Vietnam ».

Une fin toujours incertaine pour le conflit ukrainien en raison du caractère irrationnel du dirigeant russe qui a amorcé la confrontation, dit Bohdan Kordan. « Poutine est un impérialiste de la vieille école. Toute sa vision du monde repose sur l’usage de la force, sur l’acquisition, la consolidation et l’application du pouvoir ». Des attributs, qui dans le contexte, sont forcément propices à la catastrophe, autant en faisant durer une guerre, qu’en la plongeant encore plus dans l’horreur et la destruction.

Pour en savoir plus sur la guerre en Ukraine

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