Poutine lance une opération militaire en Ukraine

Le soleil commençait à peine à se lever sur les landes ukrainiennes que le président russe Vladimir Poutine y annonçait le déclenchement d’une « opération militaire spéciale ». Quelques minutes plus tard, des bombes ont commencé à tomber sur plusieurs villes du pays, dont la capitale Kiev.

Le Kremlin a d’abord annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi avoir reçu un appel à l’aide des séparatistes prorusses lui demandant de « repousser » l’armée ukrainienne. Quelques minutes plus tard, vers 3 h du matin, le président Poutine s’adressait au monde dans un discours surprise retransmis à la télévision russe. « J’ai pris la décision d’une opération militaire spéciale » pour « démilitariser » et « dénazifier » l’Ukraine, a-t-il déclaré, brandissant de fausses accusations de « génocide » par le gouvernement de Kiev pour justifier son invasion.

Il a assuré ne pas vouloir « d’occupation » de l’Ukraine, mais bien sa « démilitarisation ».

Quelques jours après être apparu à la télévision dans un centre de commande d’armes nucléaires, le chef russe a également mentionné dans son discours nocturne cette arme destruction massive. « [La Russie] constitue aujourd’hui l’une des plus grandes puissances nucléaires. […] À cet égard, personne ne doit ignorer qu’une attaque directe contre la Russie entraînera la destruction et des conséquences désastreuses pour les agresseurs potentiels. »

Il s’est ensuite adressé aux militaires ukrainiens en les appelant à « déposer les armes », assurant qu’ils pourront alors « quitter le champ de bataille sans entrave ».

Cette allocution suivait de quelques heures celle du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Dans un discours personnel et plein d’émotion en langue russe, appelé la société civile en Russie à faire pression sur ses dirigeants pour prévenir une « grande guerre en Europe » qui pourrait débuter « d’un jour à l’autre ». « Les Russes veulent-ils la guerre ? J’aimerais tant connaître la réponse à cette question. Et cette réponse dépend de vous, citoyens de la Fédération de Russie » a-t-il dit.

Quelques minutes après la déclaration maritale de Vladimir Poutine, des explosions étaient entendues en territoire ukrainien.

Les premières attaques ont visé les ports stratégiques de Marioupol et d’Odessa, dans le sud du pays, dans la ville de Kramatorsk, dans l’est, la ville de Kharkiv, dans le Nord, et la capitale Kiev.

Les bombardements ont ciblé des sites militaires ukrainiens, selon le Kremlin. « Les infrastructures militaires, les installations de défense aérienne, les aérodromes militaires et l’aviation des forces armées ukrainiennes sont mis hors d’état de nuire avec des armes de haute précision », a indiqué le ministère russe de la Défense, cité par l’agence de presse TASS.

Quelques heures plus tôt, de nombreuses cyberattaques avaient déjà commencé à mettre hors ligne les sites Internet des principaux ministères ukrainiens.

Les Alliés répliqueront

 

Le tollé international n’a pas tardé. « Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie ! », a lancé le chef de l’ONU, visiblement éprouvé par l’annonce d’une opération militaire russe en Ukraine au beau milieu de la session du Conseil de sécurité. « C’est le moment le plus triste de mon mandat de secrétaire général des Nations unies », a-t-il ajouté.

« La Russie a fait le choix de la guerre. La France condamne dans les termes les plus forts le déclenchement de ces opérations », a dénoncé l’ambassadeur de France à l’ONU, Nicolas de Rivière. Cette décision, « au moment même où ce Conseil est réuni, illustre le mépris dans lequel la Russie tient le droit international et les Nations unies », a-t-il ajouté.

L’opération militaire russe est « une violation éclatante » du droit international, a pour sa part dénoncé le chancelier allemand Olaf Scholz.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a condamné jeudi l’« attaque téméraire et non provoquée » de la Russie contre l’Ukraine, avertissant qu’elle mettait en péril d’« innombrables » vies.

« Je condamne fermement l’attaque téméraire et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine, qui met en danger d’innombrables vies civiles. Une fois encore, malgré nos avertissements répétés et nos efforts inlassables en faveur de la diplomatie, la Russie a choisi la voie de l’agression contre un pays souverain et indépendant », a déclaré M. Stoltenberg dans un communiqué. « Les Alliés de l’OTAN vont se réunir pour faire face aux conséquences des actions agressives de la Russie. Nous sommes aux côtés du peuple ukrainien en ce moment terrible. L’OTAN fera tout ce qu’il faut pour protéger et défendre tous les alliés », a-t-il ajouté.

Le président américain Joe Biden a lui aussi répondu par communiqué, alors que la nuit commençait de ce côté-ci de l’Atlantique. « Le président Poutine a choisi une guerre préméditée qui apportera des pertes de vies et des souffrances humaines catastrophiques. La Russie seule est responsable de la mort et de la destruction qu’apportera cette attaque, et les États-Unis et ses alliés et partenaires répondront d’une manière unie et décisive », a-t-il déclaré.

Les États-Unis déposeront jeudi un projet de résolution sur la table du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la Russie pour sa « guerre » en Ukraine.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a ajouté sa voix au concert de protestations. « Le Canada condamne dans les termes les plus fermes qui soient l’attaque injustifiable de la Russie contre l’Ukraine. Ces actions non provoquées constituent une autre une violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. […] Ces actes inacceptables et dangereux ne resteront pas impunis. »

Le Canada exhorte la Russie à cesser immédiatement toute action hostile et provocatrice contre l’Ukraine et à retirer du pays toutes ses forces militaires et interposées. La souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine doivent être respectées.

— Justin Trudeau (@JustinTrudeau) February 24, 2022
 

L’Union européenne a déjà annoncé mercredi soir des sanctions contre 23 personnalités russes « de premier plan », dont le ministre de la Défense, les chefs militaires et la patronne de la chaîne de télévision Russia Today, ainsi que trois banques et 351 membres de la Douma pour leur implication dans la reconnaissance des régions séparatistes d’Ukraine.

Ces sanctions se sont avérées vaines. « Nous condamnons fermement l’attaque injustifiée de l’Ukraine par la Russie. En ces heures sombres, nos pensées vont à l’Ukraine et à ses femmes, hommes et enfants innocents qui font face à cette attaque non provoquée et craignent pour leurs vies », a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans l’heure suivant le début des bombardements.

« Difficile de prédire quand ça va s’arrêter »

« Poutine fait ce qu’il a annoncé », fait remarquer le spécialiste de la Russie postsoviétique et professeur à l’UQAC, Michel Roche.

Le président russe avait en effet exigé depuis des semaines une résolution des pays occidentaux afin que l’Ukraine ne fasse jamais partie de l’OTAN. « Je comptais sur l’espoir que les principaux dirigeants des pays membres de l’OTAN finiraient par comprendre que la Russie avait des revendications légitimes en matière de sécurité », dit-il, lui-même surpris de l’intransigeance des pays démocratiques. « On a joué avec le feu et là, on se brûle. »

L’intérêt de la Russie à mener de cette opération militaire s’explique aussi en partie par les insuccès du pouvoir russe dans les questions de politiques intérieures. « Le niveau de vie des Russes a baissé de 10 % depuis 2014 », note l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Ce mécontentement populaire, doublé d’une gestion « terrible » la pandémie, a ainsi sans doute forcé la main de Poutine qui « se sert du nationalisme pour renforcer sa popularité ».

Une occupation à long terme de grandes parties de l’Ukraine risque cependant d’être difficile pour l’homme fort russe, observe M. Roche, étant donné les profonds liens culturels et démographiques qui unissent les deux peuples slaves. Pour les millions de couples mixtes et les incalculables amitiés russo-ukrainiennes, « c’est dur à croire qu’ils verront d’un bon œil » cette agression.

Enfin, les troupes russes devront faire face à une population ukrainienne largement attachée à leur souveraineté. « L’Ukraine compte une quarantaine de millions d’habitants dont la moitié au moins sera hostile. Elle va rendre les coups d’une occupation. » S’éterniser en Ukraine pourrait également jouer contre la Russie. « Ce n’est pas dans son intérêt de faire en sorte qu’un peuple commence à manifester une fois que, si c’est son intention, de renverser le gouvernement et d’installer un gouvernement fantoche. »

Alors qu’émerge une nouvelle guerre en Europe, Michel Roche ne voit pas d’issue claire au destin ukrainien. « À partir du moment où on commence à tirer, c’est difficile de prédire quand ça va s’arrêter. »

Avec l’Agence France-Presse

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