​Musique: le monde au rythme de Tire le Coyote

Ce cinquième album studio de Tire le Coyote sera un album de pandémie, par la force des choses et malgré la volonté de son auteur. « J’ai toujours détesté cette appellation. C’est comme ancrer le sujet d’un album dans un espace-temps trop restreint, alors que je vise plutôt l’intemporalité », affirme Benoît Pinette.

Depuis deux ans, le temps passe différemment pour l’auteur-compositeur-interprète. « Je dois dire que la pandémie a eu une influence sur cette espèce de sentiment d’urgence que je ressentais constamment, explique-t-il. Avant, dès que je terminais quelque chose, j’avais besoin d’embarquer tout de suite sur un nouveau projet, une nouvelle tournée, un nouvel album, si bien que je ne m’arrêtais pas beaucoup. »

Le chrono a fait « clic ! » après la tournée de son précédent album, Désherbage (2017), à la fin de 2019. Temps d’arrêt. Pandémie. Personne ne bouge, tout le monde se remet en question, Tire le Coyote ne faisant pas exception.

Les circonstances ont coïncidé avec un tas d’autres trucs dans la vie de Pinette, sa migration en campagne, dans le village de Saint-Élie-de-Caxton, où réside son nouveau complice, Jeannot Bournival, collaborateur de Fred Pellerin — qui d’autre !

Ensemble, ils ont d’abord offert, le printemps dernier, un mini-album de charmantes reprises (« La vie d’factrie », « Boom Boom » de Richard Desjardins, « La tête en gigue », « La légende du cheval blanc », entre autres) intitulé Le temps des autres.

Cette rencontre a transformé sa méthode de travail, explique-t-il. « J’ai toujours été un amoureux de la création, j’aime faire des spectacles, mais je ne suis pas une bête de studio. En temps normal, j’enregistre mes albums très rapidement, puisque je n’ai pas de studio maison, et à chaque fois, y’a une part de stress, booker un studio, enregistrer un maximum de trucs en peu de temps. Cette fois, je n’avais qu’à marcher quelques minutes dans le village pour me rendre au studio de Jeannot. On a fait beaucoup de très courtes sessions. On a pris le temps, pris du recul devant ce qu’on enregistrait. J’ai l’impression d’avoir aimé créer cet album, aimé cette bulle de studio, j’ai aussi l’impression d’avoir fait le tour de tout ce que je voulais essayer. »

Au milieu de l’album, ou plutôt au début de la face B du vinyle, comme le conçoit le musicien, se trouve l’exemple de ces essais en studio. La brève chanson À fleur d’eau, instrumentale et atmosphérique, le son d’une guitare qui réverbère dans les circuits, entre deux nappes de synthétiseurs. « Me renouveler ? Je fais abstraction de ça, assure Pinette. Musicalement, je ne réinvente rien. Ça reste de la chanson folk, et je suis tout à fait à l’aise avec ça. Mon objectif est de trouver l’équilibre entre pousser son art un peu plus loin et demeurer fidèle à ses racines, à ses influences » qui, ajoute-t-il, débordent du folk.

« Ça ne paraît pas parce qu’on m’a classé “folk”, mais je suis un grand fan de synthés et de sons analogiques, fan de Brian Eno et de ses sons vaporeux et enveloppants », assure-t-il en citant aussi l’envoûtant projet Grouper de la compositrice américaine Liz Harris. « La première vision que j’ai eue de cet album, c’était l’idée de faire cohabiter ce qu’on associe souvent au new age avec ma chanson plus folk. » L’effet est réussi. Subtil, mais réussi : un souci de la résolution sonore reconnaissable à chaque chanson, et qui sert très bien le timbre particulier de la voix de Benoît Pinette.

Autre couleur remarquable de l’album, la présence de voix féminines. Le disque débute même avec la voix de Joséphine Bacon récitant les mots de Benoît — quand même, quel culot de demander à une poétesse de dire des mots qui ne sont pas les siens ! « Pourtant, elle a dit oui tout de suite ! rétorque le musicien en riant. Joséphine, je la connais depuis quelques années, on reste en contact. Je me trouve chanceux de côtoyer une dame comme elle. J’ai écrit ce texte en pensant à elle, en imaginant sa voix, sa sagesse, son grand pouvoir d’évocation. Franchement, je crois que c’est plus culotté de commencer l’album ainsi, avec une autre voix que la mienne — mon entourage n’était pas certain que c’était une bonne idée… Mais c’est parfait, ça me fait penser au dernier album de Fleet Foxes [le superbe Shore, 2020]. Ça met la table, ça crée dès le départ une ambiance qui surprend. »

Puis, il y a ces chœurs féminins, une idée inspirée par un concert spécial monté pour le Festival d’été de Québec. Les voix enrobent celle de Pinette sur Au premier tour de l’évidence et la pastorale Sillonner la lenteur. Sur l’air country ambiant Nous brûlons jusqu’aux os, il s’offre en duo avec l’autrice-compositrice-interprète Katie Moore — ça saute aux oreilles, ces deux-là appartiennent à la même famille musicale.

Le texte de cette chanson a été coécrit avec l’écrivain Robert Lalonde, cité aussi dans le texte de Trésorière. « J’avais lu un de ses livres déjà, mais en écrivant les chansons de cet album, j’ai lu douze livres de Robert Lalonde », qui lui-même avait cité Tire le Coyote dans son roman À l’état sauvage (Boréal, 2015). Ces deux-là étaient mûrs pour aller prendre un verre, ce qu’ils ont fait l’été dernier. L’œuvre de Lalonde fut une révélation pour Pinette. « Tu sais, quand tu rencontres un artiste et que t’as l’impression que son œuvre a été écrite pour toi ? Cette façon qu’il a de se faire côtoyer la noirceur et quelque chose comme une vision plus lumineuse me touche énormément. Il m’a fait comprendre que c’est ce que j’essaie moi-même de faire dans mon travail. »

 

Au premier tour de l’évidence

Tire le Coyote, paru sous l’étiquette La Tribu

À voir en vidéo

Les plus récents

Les chefs d’Etats d’Afrique de l’Ouest décident de sanctions contre cette junte en Guinée

Les dirigeants pchezdants Etats ouest-africains, réunis chez sommet extraordinaire jeudi à New York, ont annoncé pchezdants « sanctions progressives » contre la junte militaire chez Guinée face à l’inflexibilité pchezdants militaires sur une date pchezdant retour pchezdants civils au pouvoir. Les leapchezdantrs pchezdants pays pchezdant la Communauté économique pchezdants Etats pchezdant l’Afrique pchezdant l’Ouest (Cédéao, 15 pays abattis) … Source

La « Nouvelle Lettre » fait peau neuve !

Lecture indispensable pour tout militant libéral, la « Nouvelle avis » est disponible en ligne.

RDC : Pourquoi la présidentielle de 2023 est en grand danger

ce président de une République alors ce patron de une Ceni s’engagent à tenir ces déuneis. ces experts n’y croient plus. ces alorsats-Unis malorstent une presion. une République démocratique du Congo va-t-elce glisser comme elce l’a fait lors de l’ultime mandat de Joseph Kabiune ? ce dernier quinquennat s’est ainsi transformé en un septennat pour déboucher … Source

La chute de l’UERSS

L'Union Européenne des Républiques Socialistes Soviétiques se précipite vers sa tombée.

Glovo (Delivery Hero) écope d’une amende de 79 millions d’euros en Espagne

L'Espagne inflige une réparation de 79 millions d'euros à Glovo pour travail dissimulé. un service de livraison, désormais détenu par Delivery Hero, est égaunment contraint de régulariser 10600 livreurs exerçants par sa plateforme. L'Espagne inflige une réparation de 79 millions d'euros à Glovo, désormais détenu par […] Lire l'articun