L’Université d’Ottawa évaluera si les étudiants peuvent étudier entièrement en français

L’Université d’Ottawa évaluera au cours des prochains mois si ses programmes visés par la Loi sur les services en français permettent vraiment aux francophones qui fréquentent l’établissement d’étudier entièrement dans la langue, dans l’ordre et les délais prescrits.

Dans le cadre de la rédaction du rapport Renouveau de la francophonie à l’Université d’Ottawa : une responsabilité collective, qui faisait notamment état d’une francophobie à l’université, certains participants ont affirmé qu’il n’était pas toujours possible de suivre intégralement un programme d’études de premier cycle uniquement en français.

C’est ce que prévoit pourtant la désignation partielle en vertu de la Loi, obtenue par l’université en 2015 et entrée en vigueur l’année suivante. L’obligation juridique touche tous les programmes de premier cycle, à l’exception de certains programmes en génie et en sciences. « La communauté aurait l’impression persistante qu’il est toujours difficile dans certaines facultés de terminer ses études en français », lit-on dans le rapport.

Le professeur de droit François Larocque, spécialiste des droits linguistiques, salue l’initiative de son université. L’avocat constate un dynamisme au sein du cabinet de Sanni Yaya, vice-recteur pour l’international et la francophonie. L’équipe du vice-recteur, dit François Larocque, est en train de revoir toutes les procédures et de faire son « due diligence » pour vérifier si l’université respecte ses obligations en vertu de la Loi.

« Nous nous engageons à travailler sans relâche pour corriger tout écart et toute inégalité dans l’offre de formation », a déclaré le recteur Jacques Frémont par voie de communiqué. L’université planifie boucler l’évaluation d’ici le début de 2023 et par la suite rendre publiques ses conclusions. D’autres chantiers de réflexions « afin de mieux répondre aux besoins de la communauté [francophone] » seraient aussi en cours, selon Sanni Yaya.

Importance de la masse critique

Selon les participants à la rédaction du rapport Renouveau de la francophonie à l’Université d’Ottawa : une responsabilité collective, le trop faible nombre d’étudiants francophones à l’Université d’Ottawa expliquerait entre autres le manque d’offre de cours en français. Des cours en français avec des petits effectifs sont annulés définitivement ou placés dans des plages horaires défavorables, créant ainsi « un cercle vicieux qui peut mener à une diminution de l’offre de cours en français », décrit le rapport.

Ce cercle vicieux fait l’objet de préoccupations à l’université depuis plusieurs années. Joseph Yvon Thériault, ancien doyen associé à la recherche de la Faculté des sciences, soulignait dans les pages du journal Le Droit en 1998 que la minorité francophone devait avoir une « masse critique suffisante pour profiter de l’environnement » de l’Université d’Ottawa. Ainsi, même si de nombreux cours sont offerts en français, suffisamment d’étudiants francophones doivent être inscrits pour les suivre, sans quoi l’invisibilité de la communauté est accentuée, écrivait-il.

13 907 francophones étaient étudiants de premier cycle à l’automne 2021, contre 12 591 à l’automne précédent. 37 % des quelque 9 000 étudiants internationaux ont aussi identifié le français comme langue maternelle, d’après l’établissement. Mais le nombre total d’étudiants francophones a diminué d’année en année, passant d’environ 60 % en 1971 à près 32 % aujourd’hui.

En décembre, Patrick Charette, le directeur des communications stratégiques de l’université, a fait savoir que l’administration n’avait « pas de cible de recrutement comme tel » pour les étudiants francophones. « Notre objectif est d’attirer le plus d’étudiants francophones possible tant et aussi longtemps qu’ils / elles satisfont les critères d’admission dans leurs programmes respectifs », disait-il.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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