La guerre en Ukraine bouscule les candidats à la présidentielle

Les candidats à l’Élysée ont été reçus lundi à Matignon avant un débat au Parlement, mardi.

La confrontation électorale est comme suspendue, à seulement quarante et un jours du premier tour. Surprenante image, lundi, des principaux candidats à l’élection présidentielle réunis à Matignon, attentifs aux informations que le premier ministre a bien voulu délivrer quant aux derniers développements de la guerre en Ukraine. Seuls l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon (qui termine un déplacement à la Réunion), Jean Lassalle et Nathalie Arthaud étaient absents tandis que le faible nombre de parrainages collectés par Christiane Taubira l’a privée d’invitation. «Beaucoup de questions très précises ont été posées, toutes les réponses ont été apportées», a relevé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, manière d’incarner un pouvoir en surplomb sur ses
rivaux.

Ce qui n’a pas empêché Éric Zemmour de louer une «information très utile, très intéressante» et de rendre «hommage au premier ministre». Tout en réclamant «un plan de sécurité en Europe».

La candidate des Républicains, Valérie Pécresse, a demandé à l’exécutif de «maintenir dans la durée» les sanctions qui ont été décidées contre la Russie. Elle a appelé à «construire l’indépendance énergétique et alimentaire de façon que ce type de conflit ne puisse pas mettre l’Europe en danger». «Il faut de l’unité nationale, de l’unité européenne», a poursuivi l’écologiste Yannick Jadot qui plaide pour «une souveraineté énergétique européenne en s’affrichant de notre dépendance au gaz». Il «ne s’agirait pas que l’agression de la Russie prive les Français de ce qui est la pierre angulaire de notre système démocratique», a mis en garde Marine Le Pen.

Débat «parasité»

Un conseiller de l’exécutif, conscient que le débat présidentielest «parasité» par le conflit, estime qu’il y a «une nécessité d’associer toutes les forces politiques»à la gestion de la crise, de «connaître les remarques des uns et des autres», à l’image de ce qui a été initié pendant la crise sanitaire. «Sans livrer de secret-défense ni imaginer de revoir les règles du scrutin, les parties prenantes de la vie publique ont droit à l’information», a-t-on ajouté au sein du gouvernement, avant un débat, mardi, au Parlement.

Dans le même temps, l’Élysée a fait savoir à la presse que le président a longuement échangé avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, ses homologues russe et ukrainien.

Le retour de la guerre sur le Vieux Continent bouscule d’abord l’opposition. Les partis de gouvernement sont privés d’un débat en bonne et due forme et peinent à incarner une alternative

Loin de donner une perspective à la campagne électorale qui attend Emmanuel Macron, son entourage a annoncé l’annulation de la réunion publique prévue le 5 mars à Marseille. Ce devait être la première.

Pour l’heure, cette non-campagne n’est pas sanctionnée par les Français. Au contraire. Le chef de l’État – qui se pose en acteur diplomatique incontournable en Europe – voit croître les intentions de votes en sa faveur. Il est crédité de 28% des voix (+ 2 points) selon la dernière vague du baromètre quotidien de l’Ifop pour Paris Match, LCI et Sud Radio. Et gagne 3 points dans l’enquête Harris Interactive (27%) pour Challenges.

Le retour de la guerre sur le Vieux Continent bouscule d’abord l’opposition. Les partis de gouvernement sont privés d’un débat en bonne et due forme et peinent à incarner une alternative. Quant aux candidats qui apparaissent comme trop conciliants à l’égard de Moscou, ils sont exposés à de sévères critiques et secoués par des questionnements internes. Soutien de Marine Le Pen, le maire de Béziers Robert Ménard a lui-même poussé un cri d’indignation à l’endroit de ses amis favorables au maître du Kremlin. La charge vaut notamment pour Éric Zemmour qui s’est défendu lundi sur RTL d’être prorusse malgré ses prises de position habituelles. Et de résumer son analyse ainsi: «Le coupable c’est Poutine, les responsables c’est l’Otan.» Il s’est positionné contre l’accueil de réfugiés ukrainiens en France car, dit-il, ils menacent de «déstabiliser la France».

L’urgence est d’abord humanitaire

Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle.

Jordan Bardella, le patron du RN, a prôné l’inverse sur Twitter. «Parce que l’Europe est une réalité géographique et civilisationnelle, c’est en son sein que la solidarité doit s’exprimer», a-t-il écrit. Même requête de Valérie Pécresse, à sa sortie de Matignon: «L’urgence est d’abord humanitaire.» Il faut organiser «l’aide qui va aller à l’Ukraine, aux pays frontaliers et qui ira aussi à tous les réfugiés ukrainiens que nous accueillerons en France», a déclaré la présidente de la région Île-de-France.

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