La facture de Trans Mountain bondit à 21,4 milliards $

Après avoir été évaluée au départ à 7,4 milliards de dollars, la facture du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain atteint maintenant 21,4 milliards de dollars, selon une mise à jour publiée vendredi. Toute la facture sera assumée par le gouvernement du Canada, qui possède cette infrastructure dédiée à l’exportation du pétrole des sables bitumineux.

Au moment du rachat, par le gouvernement Trudeau, du pipeline existant et du projet d’expansion de Trans Mountain, Ottawa évaluait que les coûts totaux à 7,4 milliards de dollars. Une facture qui s’ajoutait aux 4,5 milliards de dollars versés en 2018 à la pétrolière texane Kinder Morgan, pour racheter l’infrastructure. « Il s’agit d’un investissement dans l’avenir du Canada », avait alors déclaré le ministre des Finances, Bill Morneau.

Les coûts du projet d’expansion, soit la construction d’un nouveau pipeline et d’un terminal maritime plus imposant sur la côte ouest, ont par la suite été revus à la hausse, à 12,6 milliards de dollars en 2020.

Dans le cadre d’une nouvelle « mise à jour » des coûts, publiée vendredi, la facture de nouveau bondi pour atteindre 21,4 milliards de dollars. Il s’agit d’une augmentation de 14 milliards de dollars par rapport à l’évaluation présentée par le gouvernement Trudeau en 2018, au moment du rachat. En tenant compte des coûts de construction et des coûts pour le rachat du pipeline construit dans les années 1950, cela équivaut à une facture de 680 $ par citoyen canadien.

Par voie de communiqué, Trans Mountain Corporation a indiqué que cette hausse découle notamment des « améliorations » et des « modifications » au projet, mais aussi des « retards », des impacts de la COVID-19 et des répercussions des inondations de novembre 2021 en Colombie-Britannique. « Les progrès des deux dernières années sont remarquables si l’on considère les défis imprévus auxquels nous avons été confrontés, notamment la pandémie mondiale, les feux de forêt et les inondations », a déclaré Ian Anderson, président-directeur général de Trans Mountain Corporation.

Malgré cette hausse de 290 % de la facture depuis 2018, « l’analyse de rentabilité du projet reste solide », peut-on lire dans le communiqué publié vendredi. « Le Canada profitera des contributions économiques et fiscales réalisées par le projet après son entrée en fonction. » Selon ce que prévoit le fédéral, les éventuels profits seront utilisés pour financer des projets liés à la lutte contre la crise climatique.

Pertes en vue ?

Selon une étude publiée au printemps 2021 (soit avant la mise à jour de ce vendredi) par une équipe de chercheurs l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, les Canadiens risquaient de perdre plus de 12 milliards de dollars avec le projet d’agrandissement du pipeline Trans Mountain. D’après les différents scénarios évalués, les pertes pourraient varier de 3,2 milliards à plus de 18,5 milliards. Quel que soit le scénario, aucun n’a permis de démontrer que le projet pourrait générer un bénéfice pour le gouvernement.

Pour Greenpeace, Trans Mountain se résume à un gaspillage de fonds publics. « Ce projet était fou d’un point de vue climatique quand il devait coûter 7,4 milliards de dollars. Mais à plus de 21 milliards de dollars, c’est officiel que c’est également de la folie d’un point de vue économique. Il y a d’innombrables façons de mieux dépenser l’argent public. Il est temps de réduire nos pertes et d’arrêter ce projet qui est un véritable éléphant blanc », a fait valoir vendredi son porte-parole, Patrick Bonin.

Le duo de pipelines, une fois complété d’ici « la fin de 2023 », servira à transporter chaque année 325 millions de barils de pétrole des sables bitumineux chaque année de l’Alberta à un port situé près de Vancouver. Le projet d’expansion fera donc tripler le débit de pétrole et multiplier par sept le nombre de pétroliers chargé dans la région de Vancouver, qui passera de 5 à 34 bateaux par mois.

Plus de détails à venir.

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