Guerre en Ukraine: plus de 25 000 armes distribuées à des civils à Kiev

La résistance se mobilise à Kiev, alors que les troupes russes tentent de s’emparer de la capitale. Depuis l’attaque foudroyante lancée par Vladimir Poutine jeudi matin, plus de 25 000 armes ont été distribuées aux civils par les autorités ukrainiennes. Des centaines de milliers de résidents de la capitale seraient toujours sur place, plusieurs pour affronter l’envahisseur russe. À l’aube samedi matin, on entendait désormais des tirs et des explosions à l’intérieur de la ville, les troupes russes lançant leur assaut.

« Ceux qui voulaient partir sont partis. Ceux qui restent sont calmes et prêts », dit Valentyn Ilchuk. Comme bien d’autres, l’homme de 38 ans, qui habite la banlieue de Kiev, a envoyé sa famille à l’abri dans l’ouest du pays dès les premiers bombardements russes. « Mais moi, je vais me battre pour mon pays, pour ma famille, pour ma maison », assure-t-il sans hésitation.

De violents combats ont eu lieu vendredi en banlieue de Kiev, notamment pour le contrôle d’un aéroport cargo qui permettrait à l’armée russe de débarquer massivement des soldats en sol ukrainien. Certains bilans faisaient état vendredi de centaines de morts depuis le début des hostilités. En soirée, le président Volodymyr Zelensky a averti la population que l’armée russe tenterait de s’emparer de la capitale dans la nuit de vendredi à samedi. L’Ukraine a affirmé samedi matin avoir repoussé une première attaque sur Kiev.

« Jusqu’à la fin »

« Nous ne pouvons pas perdre la capitale. Je m’adresse à nos défenseurs, hommes et femmes de tous les fronts : cette nuit, l’ennemi va utiliser toutes ses forces pour briser nos défenses de la façon la plus vile, la plus dure et la plus inhumaine. Cette nuit, ils vont tenter de s’emparer » de Kiev, a-t-il affirmé dans une allocution vidéo.

Mais le pays n’est pas sur le point de se rendre, ont affirmé d’une voix commune plusieurs députés ukrainiens réunis vendredi lors d’un point de presse organisé pour les médias canadiens. « Les Ukrainiens n’abandonneront jamais, a lancé la députée Lesya Vasylenko. Les Ukrainiens sont entêtés et aiment la liberté. On est prêts à défendre notre pays jusqu’à la fin. »

Plus de 300 Ukrainiens ont rejoint vendredi la défense territoriale ukrainienne — des bataillons de civils qui assureront la dernière ligne de défense — à Kiev, a ajouté la députée Yulia Klymenko. « Ce sont les chiffres juste pour une journée. Ces gens sont là, avec une arme à la main ou pas, et ils attendent que les Russes entrent dans Kiev. »

En plus des milliers d’armes distribuées par le gouvernement, de nombreux civils détiennent des armes de chasse. Les Ukrainiens toujours présents dans la capitale se compteraient par centaines de milliers. « Ils sont là, ils attendent et ils ne vont capituler d’aucune manière », insiste la députée Klymenko.

Au moment où ces lignes étaient écrites, l’armée ukrainienne, soutenue par la défense territoriale ukrainienne, semblait avoir réussi à ralentir l’avancée des troupes russes. Le ministère ukrainien de la Défense a demandé à tous les civils toujours présents à Kiev de l’informer des mouvements des troupes ennemies. « Faites des cocktails Molotov, neutralisez l’occupant ! » a-t-il ajouté.

Les responsables ukrainiens ont fait état d’au moins 137 morts de leur côté et en ont réclamé des centaines du côté russe. Les autorités russes n’ont publié aucun bilan et il n’a pas été possible de vérifier ces chiffres. Le président Zelensky a notamment accusé l’armée russe de « bombarder des quartiers civils » de la capitale.

Solidarité

« On sait qu’on a devant nous l’une des armées les plus puissantes du monde, mentionne Valentyn Ilchuk. Mais les Ukrainiens sont entêtés. Poutine pensait prendre le pays en quelques heures, mais des soldats russes vont mourir ici, probablement plus que nous. »

En 2014, l’homme était parti à titre de volontaire dans le Donbass pour combattre les séparatistes prorusses. « C’était prévisible que des gens comme moi et mes amis, qui ont un passé militaire, fassent partie aujourd’hui de la résistance, poursuit-il. Mais ce qui est incroyable en ce moment, c’est de voir des milliers de civils, qui n’ont aucune expérience, rester sur place. »

Une vision que partage Kostyantyn Batozsky, qui réside également à Kiev. « On vit un cauchemar. L’inimaginable s’est produit. Mais les gens ne partent pas en courant. Poutine veut qu’on pleure à ses genoux pour lui demander d’arrêter, mais ça ne se passera pas. »

L’analyste politique, originaire du Donbass, a lui aussi envoyé sa famille dans l’ouest du pays. « Mais moi, je reste. Il n’y a aucune autre option possible. » Une ambiance de solidarité et de soutien est perceptible à Kiev, dit-il.

Depuis le début de l’attaque à grande échelle lancée par le voisin russe, le bruit des sirènes, des explosions et des missiles transperce le quotidien des Ukrainiens qui résident dans les grandes villes du pays. « Les moments les plus effrayants, c’est quand je vais me coucher, témoigne Kostyantyn Batozsky. Quand on est dans l’action, on a moins le temps de réfléchir. »

Réponse tiède

L’homme se dit persuadé que le gouvernement Zelensky ne cherchera pas à négocier avec le régime autocratique de Vladimir Poutine, malgré la violence des attaques lancées par les troupes russes. « C’est un maniaque. C’est un nouveau Hitler. Il nous bombarde et il demande que notre pays se démilitarise. Sérieusement ? »

Du même souffle, il pourfend la réponse des pays occidentaux, qu’il considère comme trop tiède. « Ils sont trop lents. Ça leur a pris une journée pour imposer des sanctions. Chaque minute représente un prix en vies humaines », estime-t-il.

Les députés ukrainiens rassemblés vendredi devant les médias canadiens ont également réclamé une réponse plus agressive de la part de l’Occident. « Ce n’est pas une guerre entre la Russie et l’Ukraine. C’est une guerre entre un pays autocratique et le monde démocratique, a fait valoir le député Yegor Chernev. Si l’Ukraine perd, c’est l’Occident qui perd. »

La députée Maria Ionova, impliquée dans les démarches de l’Ukraine visant à se joindre à l’OTAN et à l’Union européenne, a demandé au Canada de faire pression pour que l’espace aérien ukrainien soit fermé, ce qui permettrait de ralentir l’attaque russe. Elle a aussi réclamé l’exclusion de la Russie du système d’échanges bancaires internationaux SWIFT et des sanctions plus sévères, notamment à l’endroit des banques russes. Une demande qu’a partagés le premier ministre Canadien Justin Trudeau, vendredi.

Comme le rappelle Kostyantyn Batozsky avec insistance : « Dans la guerre, il faut choisir son camp. »

Avec l’Agence France-Presse

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