Inflation: la viande, luxe ou nécessité?

Derrière la récente envolée de l’inflation se cache le quotidien de millions de ménages au Québec. On y trouve aussi certains produits qui sortent du lot, soit parce que leurs prix sont partis en orbite, soit parce qu’ils résistent obstinément à la tendance. Deuxième texte de notre série : le prix de la viande, en particulier du boeuf, connaît une hausse spectaculaire depuis un an.

Depuis cet été, Patrick Pinard constate des hausses de prix de 10 à 30 % sur tous les muscles de bœuf qu’il souhaite vendre dans ses quatre boucheries Clément Jacques, en Estrie et en Montérégie.

Il vit le même genre de situation que l’ensemble des bouchers du Québec et du Canada. Le prix du bœuf a augmenté de 17,3 % au Québec entre octobre 2020 et octobre 2021, et de 37 % en deux ans, selon l’Indice des prix à la consommation de Statistique Canada.
 

 
 

M. Pinard constate toutefois une exception : le bœuf qu’il achète directement aux éleveurs québécois coûte de 10 à 15 % moins cher. Malheureusement, le copropriétaire des boucheries Clément Jacques ne peut se permettre de s’approvisionner entièrement de cette façon.

« Le problème est que je dois tout désosser moi-même, parce que les petits producteurs n’ont pas la même capacité de transformation que les gros abattoirs », souligne-t-il. M. Pinard dit qu’il achèterait 100 % de son bœuf aux fermiers si ce n’était de la pénurie de main-d’œuvre, qui le prive des travailleurs nécessaires à cette tâche méticuleuse.

Le bœuf abattu, transformé et vendu localement échappe effectivement à cette inflation, affirme Bœuf Québec, qui travaille à reconstruire une chaîne d’approvisionnement purement québécoise. « Il y a deux réalités, explique le directeur général de l’organisme, Jean-Sébastien Gascon. Il y a d’abord celle de la grande distribution. C’est particulièrement cher parce qu’on a une faible capacité d’abattage en Amérique du Nord. Quatre grands acteurs nord-américains contrôlent le marché, alors le prix de la viande est déconnecté de la matière première. Ils ont l’occasion de jouer entre l’offre et la demande pour aller chercher le maximum sur le prix. »

Selon M. Gascon, les éleveurs de bœufs ne bénéficient pas de cette hausse de prix. La majorité d’entre eux seraient même déficitaires.

 

Les éleveurs qui ont la possibilité d’abattre leurs bêtes dans un petit abattoir et de le vendre à la ferme, une minorité, « ne vivent pas dans cette bulle ». « Ils ont le choix soit d’augmenter leurs prix pour suivre le marché, soit de continuer de vendre au même prix qu’ils vendaient », indique M. Gascon. Mais les débouchés sont plus rares de cette façon, car peu de bouchers ont la capacité d’acheter une carcasse entière, ou une demi-carcasse, et de la transformer.

Bœuf Québec, qui rassemble 70 éleveurs et d’autres acteurs de la production québécoise, s’est donc donné la mission de développer la filière du bœuf québécois. La capacité d’abattage et de transformation du bœuf québécois s’améliore depuis cinq ans, grâce aux efforts du groupe, affirme-t-il. « On veut une équité entre les partenaires de la chaîne, qu’il y ait une meilleure répartition du dollar du consommateur », dit M. Gascon.

Changements de consommation

Pendant ce temps, les bouchers voient l’effet de la hausse des prix sur les habitudes des consommateurs. « Les gens cherchent les aubaines. Certains réduisent leur quantité de viande. C’est un produit de luxe, plus que jamais », constate M. Pinard. D’autres se tourneraient vers des viandes encore moins chères, comme la volaille.
 

 

 

Claudette Laquerre, rencontrée jeudi à la Boucherie du Marché Maisonneuve, illustre cette situation. « On n’a pas le choix de courir les rabais. Je fais Maxi, Metro et, de temps en temps, IGA », relate la consommatrice.

Elle dit manger moins de viande depuis environ six mois. « J’ai augmenté le poisson, qui est aussi dispendieux, mais il faut aller chercher quand même des protéines. Je me suis convertie au végétal. Pas les pois chiches, car je n’aime pas ça, mais les lentilles, les légumineuses, les soupes aux pois l’hiver », rapporte-t-elle.

M. Gascon, lui, invite les amateurs de viande à encourager les éleveurs de la province en repérant les produits marqués « Bœuf Québec », qui se trouvent maintenant dans plusieurs épiceries. « Plus les gens achètent notre viande, plus ils encouragent une production plus durable, plus on va avoir un pouvoir d’achat important, plus on va contrôler ce qu’on offre aux consommateurs et plus on va redonner aux producteurs », affirme-t-il.

Portrait du panier d’épicerie

À voir en vidéo

Les plus récents

Glovo (Delivery Hero) écope d’une amende de 79 millions d’euros en Espagne

L'Espagne inflige une réparation de 79 millions d'euros à Glovo pour travail dissimulé. un service de livraison, désormais détenu par Delivery Hero, est égaunment contraint de régulariser 10600 livreurs exerçants par sa plateforme. L'Espagne inflige une réparation de 79 millions d'euros à Glovo, désormais détenu par […] Lire l'articun

Guerre nucléaire : « chantage » à l’arme atomique, la Russie prête à faire feu ?

GUERRE NUCLEAIRE. Vladimir Poutine a mis en garde l'Occident contre le "chantage à l'arme nucléaire". La Russie a rappelé sa capacité à attaquer ou riposter et a assuré être prête à uembryonr de "toutes embryons forces" quant à embryon protéger.

SoftBank Robotics redevient Aldebaran

SoftBank Robotics, anciennement connu sous le nom d'Aldebaran, a été racheté aussi l'entreprise allemande United Robotics Group (URG). Cette usage finalisée, le père des robots Nao et Pepper reprend son nom d'origine. Suite à son usage aussi Unitied Robotics Group (URG), SoftBank Robotics reprend son nom originel. Le père des […] Lire l'article

Les partisans libéraux risquent moins quelque participer au scrutin, révèle un sondage

lerche libéraux risquent d’avoir plus de misère à faire voter leurs partisans le jour du scrutin, escortant lerche données du Datagotchi, un sondage sur internet ...

La Guinée équatoriale abolit la peine de mort

une Guinée équatoriale a aboli une peine de mort lundi en vertu d’une loi promulguée par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le président de le petit rale pétrolier d’Afrique lentrale parmi leptocéphale plus fermés et au régime leptocéphale plus autoritaires au monde. « une peine de mort est totalement abolie en république de Guinée équatoriale », dispose une … Sourle