Will Prosper toujours intéressé par la politique

Si la porte de la mairie de Montréal-Nord s’est fermée dimanche dernier pour Will Prosper, le militant et documentariste demeure intéressé par la politique. Il ne cache d’ailleurs pas son intérêt pour les prochaines élections provinciales, qui auront lieu en 2022.

La défaite a été sans équivoque pour le candidat vedette de Projet Montréal à Montréal-Nord. Au terme de 52 jours de campagne, Will Prosper a récolté 29,29 % des voix, contre 64,24 % pour la candidate d’Ensemble Montréal Christine Black, qui a ainsi obtenu un troisième mandat à la tête de cet arrondissement. Tous les élus de cet arrondissement sont d’ailleurs issus du parti de Denis Coderre, qui a annoncé vendredi son départ de la vie politique.

« On ne s’attendait pas à un écart comme ça, a confié M. Prosper en entrevue au Devoir jeudi, tout en reconnaissant que Montréal-Nord est « un château fort » de la formation fondée par Denis Coderre en 2013. Malgré les faibles intentions de vote qu’il a récoltées dimanche dernier, le documentariste se dit « très fier » de la campagne active qu’il a menée dans son arrondissement.

« Ce que j’ai vu, c’est que les gens à Montréal-Nord et à l’extérieur aussi, ils ont senti qu’il y avait quelque chose de nouveau. Je ne suis pas un politicien typique, c’est sûr et certain. On a amené un vent de changement et les gens se sont ralliés à ça », estime-t-il.

« La politique m’intéresse toujours »

Une fois que la poussière de ces élections sera entièrement retombée, le fondateur de l’organisme Hoodstock envisage de continuer à travailler sur ses projets de documentaires et à faire valoir, à titre de militant, divers enjeux qui lui sont chers, notamment en matière d’habitation, de transport en commun et en verdissement, énumère-t-il. « C’est sûr que vous allez me revoir », lance-t-il en riant.

Quant à son intérêt pour la politique, il demeure bien vif, malgré sa récente défaite. M. Prosper n’écarte d’ailleurs pas de tenter de nouveau sa chance en politique provinciale dans le cadre des élections générales de 2022.

« La politique m’intéresse toujours, je vais le dire franchement. Honnêtement, je pense que je me débrouille bien dans cette arène-là. Je ne suis pas un politicien typique et je pense que les gens ont besoin de ça. On a besoin d’avoir un vent de changement, de ne pas avoir le même type de politicien que ce qu’on voit ailleurs », croit l’homme de 47 ans, qui se déclare fièrement comme provenant du « milieu du militantisme ».

En 2012, Will Prosper avait tenté sa chance en politique provinciale à titre de candidat pour Québec solidaire dans le district de Bourassa-Sauvé, en vain. Le Montréalais note toutefois que la patience est de mise dans ce milieu. Manon Massé, rappelle-t-il, a dû attendre sa cinquième tentative électorale avant d’être finalement élue en 2014 comme députée solidaire de Sainte-Marie-Saint-Jacques, où elle occupe toujours ce siège.

M. Prosper confirme ainsi son intérêt pour les élections provinciales de 2022. « Je regarde ça », indique-t-il. Le Montréalais précise néanmoins n’avoir été approché jusqu’à maintenant par aucun parti politique à l’Assemblée nationale.

Diffamation

Will Prosper étudie d’autre part la possibilité de poursuivre M. Coderre en diffamation pour des propos qu’il a tenus à son endroit pendant la campagne électorale municipale et qui aurait porté atteinte à sa réputation. Le chef d’Ensemble Montréal est revenu à maintes reprises dans les dernières semaines sur les circonstances troubles qui ont mené à la démission de M. Prosper de la Gendarmerie royale du Canada, au début des années 2000, après que celui-ci ait consulté un registre sans autorisation alors qu’il était gendarme pour la police fédérale.

« J’essaie de voir s’il y a matière à diffamation parce qu’il a dit des choses assez graves », confirme le militant, qui déplore que M. Coderre l’ait associé aux « gangs de rue » dans certaines de ses interventions pendant la campagne électorale. « C’est sûr que ça joue dans la tête des gens, surtout quand il y a de l’insécurité, donc c’est pour ça que je parle de campagne de peur », renchérit M. Prosper, d’autant plus que la sécurité publique s’était imposée comme un des principaux enjeux en prévision de ce scrutin.

M. Prosper estime d’autre part que sa défaite électorale de dimanche dernier est liée au taux de participation très faible des jeunes aux élections municipales, à Montréal-Nord.

« Ça a une conséquence sur les politiques qui sont mises en place. Il y a vraiment un modèle démocratique où on perd tous actuellement », ajoute-t-il.

En tout, environ 33,5 % des électeurs ont voté dans cet arrondissement cette année, contre un peu plus de 38 % à l’échelle de Montréal, qui a enregistré un taux de participation particulièrement bas cette année.

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