Religion: les Québécois sont les moins pratiquants au Canada

Bien que les Québécois ont une forte affiliation à une religion, elle se conjugue néanmoins à une faible pratique d’activités religieuses ainsi qu’à une moindre importance accordée aux convictions religieuses ou spirituelles.

C’est ainsi que se distingue le Québec du reste du pays, selon une nouvelle étude de Statistique Canada : seulement 14 % des Québécois participent à une activité religieuse en groupe au moins une fois par mois, comparativement à des proportions allant de 21 % à 32 % dans les autres provinces.

En 1985, c’était pourtant près de la moitié des Québécois (48 %) de 15 ans et plus qui participaient à des activités religieuses au moins une fois par mois. Avec maintenant moins du quart de la population s’adonnant à ces pratiques, il s’agit d’une baisse de 34 points de pourcentage en une trentaine d’années.

Ce déclin de participation à des activités religieuses en groupe au Québec met en évidence des changements importants observés au cours des dernières décennies dans la province, en particulier parmi les catholiques, observe le spécialiste des religions et chargé de cours en sciences des religions à l’UQAM, Frédéric Castel.

« C’est certainement un des effets à long terme de la Révolution tranquille où les croyants ont commencé à remettre en cause l’autoritarisme de l’Église et son omniprésence dans la société. Le catholicisme, très majoritaire, était presque une religion nationale », rappelle-t-il.

Malgré cet éloignement progressif, autant de la pratique que de la valeur accordée aux convictions religieuses, un grand nombre de Québécois ne sont pas prêts à totalement abandonner leur identité religieuse. Certains auteurs ont utilisé le terme de « catholicisme culturel » pour décrire cette tendance, qui serait particulièrement présente parmi les catholiques québécois.

Paradoxe religieux ?

Selon les résultats de cette nouvelle étude, le Québec se distingue des autres provinces par la plus forte proportion de personnes (40 %) déclarant simultanément avoir une affiliation religieuse et considérer leurs convictions religieuses ou spirituelles comme n’étant pas très ou pas du tout importantes quant à leur façon de vivre leur vie. Paradoxe ?

La dimension identitaire de la province explique en grande partie pourquoi nombre de Québécois restent attachés, d’une certaine manière, au catholicisme, sans pourtant être pratiquants, selon M. Castel.

« Le Québec a une histoire qui lie la population de façon étroite avec la religion catholique depuis le début de son existence  », rappelle-t-il. Cette identité historique reste ainsi « imprégnée dans la culture » québécoise.

C’est ensuite la « réaction de rejet » qui conduit au caractère paradoxal. « Bien que l’Église ait été si omniprésente dans la vie sociale et culturelle du Québec, il y a eu un rejet avec la Révolution tranquille. Donc, les gens peuvent avoir une identité, une relation historique avec cette branche du christianisme, oui, mais aussi un rejet du discours religieux lui-même et des pratiques religieuses, c’est pourquoi ils pratiquent peu », illustre-t-il.

Il est donc tout à fait possible qu’une personne ne fréquentant jamais l’Église décide tout de même de faire baptiser ses enfants par symbolisme, par exemple.

À l’échelle du pays, près d’un Canadien sur 5 (18 %) a déclaré une affiliation religieuse tout en indiquant qu’il participait rarement ou jamais à des activités religieuses en groupe, qu’il ne s’adonnait jamais à une activité religieuse ou spirituelle de façon individuelle et qu’il considérait que ses convictions religieuses ou spirituelles avaient peu ou aucune importance quant à la façon de vivre sa vie.

Par ailleurs, la part des Canadiens ayant assisté à une activité religieuse en groupe au moins une fois par mois a presque diminué de moitié pour passer de 43 % à 23 % de 1985 à 2019.

Nouvelles générations

Il existe aussi des contrastes importants entre les différentes cohortes d’âge par rapport à l’affiliation religieuse et à l’importance accordée aux convictions religieuses ou spirituelles. Or, dans tous les cas, la situation au Québec se distingue de celle des autres régions du pays.

De 2017 à 2019, les cohortes plus jeunes étaient plus susceptibles de ne pas déclarer d’affiliation religieuse (30 % des personnes nées entre 1980 et 1999, par rapport à 13 % pour celles nées entre 1960 et 1979 et à 7 % entre 1940 et 1959).

 

D’une cohorte de naissance à l’autre, une part grandissante et toujours plus importante qu’ailleurs au pays des personnes déclarant une affiliation religieuse indique aussi que leurs convictions religieuses n’étaient pas très importantes ou pas du tout importantes dans leur vie. C’était le cas de 42 % des résidents du Québec nés entre 1940 et 1959, de 50 % de ceux nés entre 1960 et 1979 et de 62 % de ceux nés entre 1980 et 1999.

Cet affaissement chez les nouvelles générations s’expliquerait en premier lieu par le manque d’exposition à la religiosité, note le chargé de cours Frédéric Castel. « Si on était né avant 1985, on aurait connu l’école religieuse au Québec, ce qui fait qu’on baignait dans une atmosphère imprégnée de religiosité. Mais comme de moins en moins d’écoles à travers le Canada sont religieuses, les jeunes sont moins exposés à des univers religieux, c’est un peu normal que ça se dilue ».

L’érosion de certaines croyances face à l’avancée de la pensée scientifique, la contestation des valeurs conservatrices véhiculées par les institutions religieuses devant la modernité — comme le rôle traditionnel des femmes dans la société — ainsi que le rejet face à l’autoritarisme doctrinal et humain des institutions religieuses sont tous des facteurs qui expliquent cet affaissement, résume M. Castel.

« Plus on est jeune, plus on résiste à toute idée de dogme imposé ou de pratique dans ce sens. C’est ce double mouvement qui joue : la religion, quelle qu’elle soit, est moins prégnante dans la culture générale, et c’est chez ces jeunes qu’on a une réaction de plus en plus affirmée contre les excès d’autorité », conclut-il.

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