​Canada: du Sénat, Michèle Audette offre ses solutions pour la réconciliation

Michèle Audette aurait voulu dire merci au Canadien de Montréal lorsque l’équipe de hockey a reconnu récemment la métropole comme « territoire traditionnel et non cédé » mohawk. Et si certains doutent de la présence historique des Mohawks sur l’île, la nouvelle sénatrice propose alors au club d’inclure dans son message d’avant-match davantage de nations autochtones qui revendiquent pareille occupation ancestrale.

« Là où je suis mal à l’aise, par exemple, c’est quand on dit “non cédé”, explique-t-elle en entrevue au Devoir. Parce qu’à mon avis, si tu dis “non cédé”, c’est que tu vas tout faire pour nous aider dans notre démarche pour le droit à l’autodétermination […] Je ne pense pas que les institutions soient rendues là. Je ne veux pas que ce soit juste cosmétique. »

Le 16 octobre, le Canadien a diffusé pour la première fois un message reconnaissant aux Mohawks des droits sur le territoire de Montréal, ce qui a été critiqué par des historiens et qualifié d’« erreur » par le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière. Pour sa part, Mme Audette a élaboré un message de reconnaissance territoriale pour l’Université Laval, à Québec, qui liste pas moins de cinq nations revendiquant une présence sur le lieu, sans préciser s’il a ou non été « cédé ».

Entrée au Sénat

Nommée sénatrice cet été par Justin Trudeau, Michèle Audette accède au couronnement rêvé de sa carrière de militante autochtone. Elle avait déjà tenté par deux fois de siéger à la Chambre haute : au tournant de sa trentaine, puis à 37 ans. C’est finalement en langue innue qu’elle sera assermentée, le 22 novembre, une première dans l’histoire du Sénat.

L’ex-commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui a notamment occupé des fonctions dans le monde universitaire et dans la haute fonction publique du gouvernement du Québec, soutient que les nations autochtones sont intimement liées à leur relation avec le territoire.

La nouvelle sénatrice indépendante n’a pas été pour autant convaincue par la promesse du nouveau ministre fédéral des Relations Couronne-Autochtones,Marc Miller, de « redonner des territoires » aux Premiers Peuples du pays. « Ça, j’ai hâte de voir à quoi ça va ressembler », laisse-t-elle tomber, à quelques jours de sa première session au Sénat.

Pour parler d’une véritable restitution du territoire, elle soutient qu’il est nécessaire d’établir une discussion « patiente », avec « la volonté qu’on se dise les vraies choses », non seulement avec le fédéral, mais aussi avec le Québec, puisque la gestion du territoire empiète sur les compétences provinciales. Et c’est là que tout risque de bloquer. « En ce moment, [dans] la dynamique que je ressens, que j’observe, je ne crois pas qu’il y ait cette ouverture-là, laisse-t-elle tomber. “Restituer la terre”, j’aime bien ça, mais au Québec, c’est le Québec aussi qui va devoir [négocier dans] ces espaces-là […] Pour moi, c’est quelque chose qui va prendre plusieurs générations. »

Bloquer des routes

Au chapitre de la réconciliation avec les Autochtones, Michèle Audette écorche d’ailleurs le gouvernement Legault, sans le nommer. « Il y a des endroits où ils ne sont pas pantoute là, ils ont de la difficulté à reconnaître le racisme systémique. Et on ne parle pas de génocide ! Ça veut dire qu’on n’est même pas encore dans un vrai processus de réconciliation […] D’un côté, on va autoriser les compagnies forestières à couper des arbres sur les territoires que les nations habitent depuis longtemps et qui sont encore présentes ; et après, ce même gouvernement va parler de réconciliation. »

La sénatrice Audette craint surtout que les nations autochtones et leur savoir ancestral soient laissés de côté dans les luttes entre les puissants ordres de gouvernement et leurs nombreux avocats. Les gouvernements devraient mieux soutenir les différentes nations pour qu’elles aient voix au chapitre dans toutes les négociations, dit-elle, sans quoi elle appelle à plus de gestes d’éclat, comme le blocage de routes.

« Ça devient frustrant aussi : les aires protégées, le caribou, le fleuve, les rivières. Il y a plein de belles ressources pour lesquelles on a un savoir, mais on n’est pas du tout considérés. Que ce soit pour les changements climatiques ou pour le développement économique, on n’est jamais là. Il faut dénoncer ! Il faut prendre les médias, il faut prendre les tribunaux, il faut prendre les Nations unies, il faut barrer des routes. Il ne reste pas beaucoup d’outils d’action pour rappeler à l’État que nous sommes là. »

Une question d’éducation

Une fois ses « mocassins à l’intérieur » du Sénat, comme elle le dit, Michèle Audette souhaite faire de l’éducation sa priorité, ou son « caribou de bataille », afin d’atteindre « l’autodétermination de nos nations ».

Son rêve est, en quelque sorte, de réécrire les manuels d’histoire dans une collaboration inédite entre Autochtones et non-Autochtones. « Déposer ou appuyer un projet de loi en matière d’éducation pour les Premières Nations, les Métis et les Inuits, c’est clair que c’est un objectif de vie pour moi. »

La démarche prend encore plus de sens au Québec, selon elle, alors que l’enseignement des réalités autochtones contemporaines fait défaut. Des provinces comme la Colombie-Britannique ou la Saskatchewan auraient d’ailleurs une longueur d’avance à ce chapitre. Même l’Ontario, dit-elle, inclut dans son curriculum francophone des références à des personnalités autochtones comme Joséphine Bacon, Ghislain Picard ou Naomi Fontaine.

« Joyce Echaquan est la preuve qu’il y a une méconnaissance, une ignorance collective. Et l’éducation en est en partie responsable. Parce qu’on n’a pas montré la beauté, la diversité, la différence de ces nations-là. »

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