Québec s’apprête à dévoiler la nouvelle mouture du cours Éthique et culture religieuse

Moins de religion, plus de citoyenneté. Le ministre Jean-François Roberge doit dévoiler dimanche la version remaniée du cours Éthique et culture religieuse (ECR), appelé à devenir une formation à la citoyenneté québécoise libérée des « dérives importantes » du prisme religieux.

Cette réforme soulève des inquiétudes dans le milieu scolaire, qui craint une politisation de l’éducation par le gouvernement Legault. Le premier ministre n’a pas caché cette semaine son intention de cultiver la fierté nationale avec ce nouveau cours axé sur la « culture et la citoyenneté québécoises ». Le programme aura « une petite saveur chauvine », a précisé la vice-première ministre, Geneviève Guilbault.

Dans le réseau scolaire, on souligne que la refonte du cours ECR s’inscrit dans la vision identitaire du gouvernement caquiste, qui a fait adopter la Loi sur la laïcité interdisant le port de signes religieux par les employés de l’État, y compris les enseignants.

Le ministre de l’Éducation se défend de politiser la pédagogie. Il a fait valoir vendredi que le nouveau programme conservera ce qui fonctionne dans le cours actuel, tout en éliminant ce qu’il considère comme des irritants majeurs.

« J’ai moi-même enseigné le cours Éthique et culture religieuse qui est encore donné dans nos écoles. Il y avait des éléments positifs dans ce programme, notamment l’enseignement de l’éthique : apprendre une pensée critique, apprendre à réfléchir, à faire face à des dilemmes moraux, à des dilemmes qui ne sont ni noirs ni blancs, c’est souvent difficile à trancher, [cet élément] est correct », a déclaré Jean-François Roberge à l’émission Midi info, à Radio-Canada.

« Il y avait des dérives importantes dans le cours actuel, a-t-il ajouté. Beaucoup ont nommé qu’il y avait des manuels qui, plutôt que d’inciter à l’inclusion, propageaient des images, des stéréotypes, des préjugés. C’est le contraire de ce qu’on veut quand on veut un meilleur vivre-ensemble, quand on veut préparer les gens à exercer une pleine et entière citoyenneté québécoise. Il faut être capable d’aborder les thèmes par autre chose que simplement le prisme religieux. »

Le nom même du cours introduisait un « biais » religieux, selon le ministre Roberge. Il fait valoir depuis longtemps que la religion prend trop de place dans ce programme mis en place en 2008, dans la foulée de la déconfessionnalisation du réseau scolaire. Le cours est donné aux niveaux primaire et secondaire.

Le ministre a lancé en janvier 2020 une consultation portant sur huit thèmes pour remanier le cours ECR : éducation à la sexualité, éducation juridique, écocitoyenneté, développement de soi et des relations interpersonnelles, culture des sociétés, éthique, participation citoyenne et démocratie, ainsi que citoyenneté numérique. M. Roberge a précisé cette semaine que certains thèmes ne seront pas nécessairement dans la version présentée dimanche.

« On a fait nos devoirs. J’ai lu des critiques d’un cours que les gens ne connaissent pas. [Ils disent] que c’est de la propagande. Les gens veulent faire un procès avant même de savoir ce qu’il en est », a soutenu le ministre de l’Éducation à Midi info.

Il a rappelé que le projet de refonte a fait l’objet de « la plus importante consultation en ligne jamais menée par le gouvernement québécois » (28 000 répondants), de forums d’experts et d’un questionnaire distribué à des conseillers pédagogiques et à des enseignants du primaire et du secondaire (1546 répondants).

« Commande politique »

Les enseignants et experts du programme ECR dénoncent le rejet d’un programme qu’ils considèrent comme extrêmement valable. Ils contestent la validité des consultations menées par le gouvernement. Ils estiment avoir été sous-représentés parmi les répondants. Quant au sondage en ligne, il n’est aucunement scientifique. Rien n’empêchait des gens de répondre plusieurs fois, fait valoir Line Dubé, présidente intérimaire de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQECR). « Si on bâtit un programme sur les résultats d’un sondage aussi biaisé, qu’est-ce que ça dit du programme ? » dit-elle au Devoir.

Toute cette opération « sent la commande politique », selon elle. L’enseignante déplore que le gouvernement tente de définir une identité québécoise qu’on pourrait « circonscrire en peu de mots et qui serait pérenne ». « Est-ce qu’il y a un idéal typique de ce que serait un bon Québécois ? Semble-t-il qu’on aura la réponse dimanche », ajoute Line Dubé.

Marc Chevarie, ex-président de l’AQECR, craint que la nouvelle mouture du programme cherche à « faire la distinction entre Nous et Eux, entre croyants et incroyants, alors qu’il faut les mettre en dialogue ».

Louis Rousseau, professeur émérite au Département de sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), estime lui aussi que le gouvernement jette le bébé avec l’eau du bain. Il craint que le nouveau cours ECR devienne un recueil de conseils aux enfants dans des situations pratiques, par exemple sur l’usage du numérique, du point de vue des finances personnelles ou en matière de sexualité.

Le gouvernement cherche à éliminer la religion du programme pédagogique « même si la diversité religieuse nouvelle fait partie de la réalité, que ça nous plaise ou non », insiste-t-il. « Avec l’échec référendaire, l’ennemi n’est plus l’Anglais. On a besoin d’un adversaire fondamental, et c’est devenu la religion. »

Louis Rousseau se croise les doigts pour que la refonte du cours ECR fasse une place aux traditions autochtones, incontournables dans un programme sur la citoyenneté québécoise, selon lui.

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