Festival Osheaga: une saison de festivals dans le désordre

Nous n’en avions que pour elle, et réciproquement. « On est tellement content de vous retrouver ce soir ! », a déclaré Charlotte Cardin juste après avoir interprété Daddy, tirée de son premier album Phoenix paru au printemps dernier. On lui a déroulé le tapis rouge pour son premier concert à Montréal en trois ans : la tête d’affiche de la première journée de ces « Retrouvailles Osheaga », devant quelques milliers de fans seulement en raison des restrictions sanitaires qui persistent à l’arrivée de l’automne – festivaliers, prévoyez tuque et écharpe, les soirées sont fraîches en octobre sur l’île Sainte-Hélène.

« Hallelujah, baby ! », entonnait la musicienne en ouverture de concert, une strophe répétée comme un mantra juste avant le refrain de Passive Aggressive. Cette phrase, nous l’avions tous en tête en sortant du métro pour fouler la plaine du parc Jean-Drapeau : après avoir fait l’impasse en 2020, le festival Osheaga revenait, un peu plus tard que prévu dans le calendrier, certes, mais pas trop tôt pour les festivaliers en manque de sensations pop.

Cardin pourrait même être le clou de cette édition pas normale du festival qui présentera demain en tête d’affiche la chanteuse pop / r & b torontoise Jessie Reyez et dimanche, le trio rock montréalais Half Moon Run. Son arrivée sur scène à 21 h 30 s’est faite sous les cris affamés des fans, et elle ne les a certainement pas déçus, consacrant la majorité des 75 minutes suivantes à décliner les chansons nouvelles de l’album Phoenix, accompagnée d’un batteur et d’un bassiste.

En spectacle, ses chansons prennent même du coffre ; l’alliage de chansons pop romantiques et de rythmiques trap / hip-hop gagne en relief lorsque les basses fréquences inondent les plaines, rappelant par la même occasion combien le spectacle vivant peut être une puissante une expérience physique quand les ondes sonores passent au travers des corps. La voix juste, la présence doucement assurée, Cardin s’arrêtait parfois derrière son piano, ou ramassait une guitare, pour s’accompagner. Elle a eu les quelque cinq ou six mille spectateurs dans sa main, jusqu’à la toute fin marquée par une interprétation de Faufile, offerte avec un simple accompagnement de piano : « Merci pour tout cet amour, vivre des moments comme ça, ça m’a tellement manqué ! »

La véritable expérience Osheaga nous manque toujours, cela dit. Ces Retrouvailles n’avaient rien de familier : l’événement, qui déploie généralement six scènes pour rassasier jusqu’à 45 000 festivaliers par jour, n’en comptait que deux, côte à côte, sur la grande plaine (de béton et de gravier, vaut mieux avoir de confortables souliers). Une douzaine de zones – les « quais »- pouvant contenir un maximum de 500 spectateurs y sont dispersées, et chaque entrée ou sortie était contrôlée. Le déficit de festivaliers créé une tout autre atmosphère, contenue, qui n’a rien à avoir avec les défoulements musicaux qui se déroulaient auparavant en juillet et avec beaucoup plus de public.

En contrepartie, l’affiche du jour a semblé prédire l’ambiance de cette première journée : tous les concerts auxquels nous avons assisté étaient relax. Juste avant Cardin, le duo r & b torontois DVSN a enfilé les ballades marinant dans leur jus de basses fréquences. Même si le chanteur Daniel Daley trouvait qu’il faisait un peu trop frisquet à son goût, il a joué le jeu, et le public des « quais » plus rapprochés de la scène lui a bien exprimé leur appréciation de ce spectacle cajoleur.

De la même manière, l’orchestre folk-pop montréalais The Franklin Electric était à la bonne place au bon moment à 19 h 50, profitant de l’obscurité de la journée raccourcie pour glisser les chansons nouvelles de l’album This Time I See It (paru la semaine dernière sur étiquette Nettwerk) entre les mieux connues des deux précédents albums. Leader de ce groupe bonifié par la présence de deux violonistes, Jon Matte s’approprie toute notre attention, passant de la guitare au cornet au piano électrique pour rendre ses compositions chargées d’émotions et d’envolées lyriques.

Le coup de cœur de cette journée inaugurale des Retrouvailles revient cependant à ODIE, auteur-compositeur-interprète r & b né à Montréal, a-t-il confié et ayant grandi à Toronto et en Californie. Il n’a lancé qu’un album (Analogue, 2018), et s’apprête à offrir un nouveau projet, que nous attendrons avec intérêt : rappeur avant d’être chanteur, il psalmodie avec finesse, sa voix calme et éraillée chevauchant des rythmiques réduites à leur plus simple expression. Des coups de basse, de recherchés sons percussifs – ses racines nigérianes l’ont baigné dans le highlife et l’afrobeat – qui ne se mettent jamais dans le chemin de ses interprétations colorées par le gospel. Son approche du r & b est fraîche et distincte, très intéressante.

Mais voilà, ces retrouvailles furent aussi celles avec de mauvais concerts, malheureusement. Si la jeune Bülow a démontré, mais sans grande passion ni présence scénique, qu’elle savait écrire de bonnes petites chansons électro-pop, JESSIA, logée sur la scène de la Montagne à 17 h 45, a blessé nos tympans. On dit qu’elle est une artiste « TikTok », c’est-à-dire que ses chansons ont remporté du succès sur le populaire réseau social, mais cela ne devrait pas la dispenser de savoir chanter correctement. La musicienne pop-rock a faussé pendant les quarante minutes qui lui étaient accordées, et ne trouvait mieux à faire entre les chansons que nous presser à écouter son prochain EP et se prendre en selfie.

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