Des organismes québécois iront entendre et se faire entendre à la COP26

La présence de leurs délégations à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) sera l’occasion pour plusieurs organisations québécoises de voir et d’entendre ce qui s’y passe, mais aussi de se faire entendre et de rencontrer leurs consœurs de partout dans le monde.

La COP26 s’ouvrira au cours des prochaines heures à Glasgow, en Écosse, et durera jusqu’au 12 novembre.

« Chacun va essayer de trouver son intérêt là-bas », a résumé Denis Bolduc, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec, la FTQ, qui y envoie une délégation de huit personnes.

« Par exemple, la FTQ Construction peut échanger sur des trucs, sur des mesures qui peuvent exister ailleurs avec des partenaires. C’est une belle occasion de réseauter avec d’autres syndicats internationaux qui ont peut-être fait des choses également, de s’inspirer pour peut-être des projets futurs. »

La délégation de la FTQ sera composée de représentants du syndicat, mais également de membres de syndicats qui y sont affiliés comme les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) et les Métallos.

Deux organisations environnementales de premier plan, Équiterre et le Réseau action climat, seront aussi sur place.

Équiterre y voit une occasion « d’avoir un accès privilégié à nos décideurs pour mettre de la pression pour qu’il y ait un réel rehaussement de l’ambition climatique, pour s’assurer que les décisions qui sont prises à la COP soient les bonnes », a dit Émile Boisseau-Bouvier, qui est analyste en politiques climatiques pour le groupe environnemental.

« Mais dans un deuxième temps, on a aussi un devoir d’informer la société civile qui se retrouve au Québec, d’informer les médias, le public, sur la nature des négociations, a-t-il ajouté. Encore une fois, est-ce qu’on s’en va dans la bonne direction ? Est-ce que les bonnes décisions sont prises ? C’est d’une importance cruciale pour notre avenir collectif. »

Cette rencontre aurait normalement dû avoir lieu l’an dernier, rappelle de son côté Caroline Brouillette, la directrice des politiques nationales du Réseau action climat, mais elle a été reportée en raison de la pandémie. Et même cette année, le coronavirus empêchera plusieurs pays d’y être.

« C’est disproportionnellement des pays qui souffrent davantage des impacts de la crise climatique, des pays du Sud, et donc il y aura vraiment ce débalancement dans les négociations, avec plusieurs voix cruciales qui ne seront pas sur place », a-t-elle déploré.

Scepticisme

Les trois organisations sont bien conscientes du scepticisme avec lequel certains pans de la population voient ces grandes rencontres internationales, qui donnent parfois l’impression d’un éléphant qui accouche d’une souris.

La présence de groupes pour faire pression sur les décideurs en devient d’autant plus importante, croit M. Boisseau-Bouvier.

« Effectivement, des fois il y a beaucoup de paroles et peu de gestes, a-t-il reconnu. C’est notre rôle justement de s’assurer que les bottines suivent les babines. »

Mme Brouillette dit comprendre « le scepticisme de la population qui réalise bien qu’on n’en fait pas assez », quand on voit les progrès modestes qui ont été réalisés alors que l’on connaît l’impact des changements climatiques depuis 50 ans.

Mais ces progrès modestes n’auraient probablement pas été possibles sans de grandes rencontres internationales, et une rencontre qui débouche sur des progrès modestes est préférable à l’absence totale de rencontres et de progrès, s’entendent pour dire les participants québécois.

« Il faut quand même reconnaître qu’on a réussi un peu à infléchir la courbe de l’augmentation de température », a dit Mme Brouillette.

Gardons en tête qu’avant la signature de l’Accord de Paris, la planète se dirigeait vers un réchauffement de 4 °C, rappelle-t-elle, tandis que le plus récent rapport des Nations unies prévoit maintenant un réchauffement de 2,7 °C.

Un réchauffement de 2,7 °C est « catastrophique », dit-elle, « mais c’est compliqué des fois ».

« Il y a deux vérités qui coexistent, celle qu’on avance bien, l’autre aussi, c’est qu’on n’avance pas assez vite », a ajouté Mme Brouillette.

M. Boisseau-Bouvier abonde dans le même sens en soulignant que les plus récentes rencontres internationales « ont quand même réussi à ce que les pays se dotent de mécanismes communs ».

La COP26 sera l’occasion de faire le point sur la poursuite des objectifs de l’Accord de Paris et de s’assurer qu’ils ne tombent pas dans l’oubli. « C’est le temps d’embarquer en deuxième, troisième, quatrième vitesse », a-t-il dit, faute de quoi on risque de « frapper un mur ».

Denis Bolduc, de la FTQ, reconnaît qu’il peut être difficile d’identifier les répercussions concrètes d’une participation à de telles rencontres internationales, mais il cite en exemple la « transition juste », un cadre élaboré par le mouvement syndical pour protéger les travailleurs quand les économies se tournent vers la production durable.

« On a échangé beaucoup là-dessus, puis on ramène ça ici au Québec, puis on essaie de voir comment on pourrait appliquer ça, a-t-il dit. On tente de mettre en place ici au Québec ce qu’on appelle des laboratoires de transition juste. »

Moment charnière

Pour le moment, a dit M. Boisseau-Bouvier, on « a réduit les dommages », mais il reste que nous avons atteint un « moment charnière dans notre histoire ».

Nous partageons tous la même planète, rappelle-t-il, mais si on ne réussit pas à s’entendre pour atteindre des objectifs collectifs, « il n’y aura pas de gagnant et tout le monde en sortira perdant ».

« On a réalisé de nombreuses vulnérabilités dans notre système, avec une convergence des crises de santé publique, une crise économique, mais aussi la crise climatique qui nous a frappés de plein fouet, notamment ici au Canada cet été », a dit Mme Brouillette.

La COP26 rassemble la plupart des grands décideurs de la planète, ajoute-t-elle, et c’est donc une occasion rêvée pour les représentants de la société civile de se faire entendre.

« C’est sûr qu’on voudrait toujours que ça aille plus loin que de belles paroles, a dit M. Boisseau-Bouvier. C’est à nos décideurs d’écouter la population qui veut voir de l’ambition, qui veut voir des résultats. C’est à eux de livrer la marchandise. »

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