Le rapport de force s’est inversé entre Ottawa et les provinces, affirme Yves-François Blanchet

Yves-François Blanchet estime que l’élection vient de complètement renverser le rapport de force entre les provinces et le fédéral.

Le chef bloquiste, qui a réuni son caucus à Saint-Sauveur, dans les Laurentides, lundi, croit qu’en confirmant le statut minoritaire du premier ministre Justin Trudeau, les électeurs lui ont enlevé toute autorité pour imposer des conditions dans ses transferts aux provinces.

« Avant l’élection, Justin Trudeau essayait de mettre les provinces à genoux. Après l’élection, les provinces se lèvent et Justin Trudeau a un genou à terre », a-t-il lancé en point de presse.

« Aux yeux des Québécois et aux yeux des citoyens des provinces canadiennes, il n’a aucunement le mandat d’imposer quelque condition que ce soit. Sa job est relativement simple : calcule, signe, envoie le chèque », a-t-il tranché.

Autrement, selon lui, l’approche centralisatrice privilégiée jusqu’ici par les libéraux de Justin Trudeau signifie à terme « l’exposition des provinces et du Québec à une faillite dans quelques décennies au pire si on ne casse pas l’obstination malveillante du fédéral qui dit : je vous mets à genoux ou je ne vous donne rien ».

Temps perdu

Selon lui, le pays a perdu de six à sept semaines dans sa lutte contre la pandémie et cette lutte doit être le sommet des priorités, tout comme les transferts en santé qui en découlent.

Pire encore, il estime que ces semaines perdues, qui auraient dû être consacrées à la sensibilisation à la vaccination, ont permis de donner « une tribune extraordinaire aux adversaires de la vaccination, qui se sont ralliés en arrière de Maxime Bernier ».

Yves-François Blanchet accuse Justin Trudeau d’être directement responsable de cette poussée du Parti populaire, qui s’est accroché au mouvement anti-mesures sanitaires et antivaccin pour racoler des votes. « On aurait pu éviter beaucoup de tensions, beaucoup de manifestations, beaucoup d’intimidation jusqu’à la porte des hôpitaux si, au lieu d’aller en élections, on avait fait de la sensibilisation, de l’explication, de la pédagogie. C’est un rendez-vous manqué. »

Outre la pandémie et les transferts en santé, le chef bloquiste place l’urgence climatique au sein des priorités du Parlement et promet d’être « intraitable » sur cette question, disant qu’il est nécessaire d’« arrêter l’hypocrisie de dire les mots sans poser les gestes ».

Il prévoit toujours tenir des rencontres avec les chefs des autres formations afin de jeter les bases d’un mode d’opération qui permettra au Parlement de fonctionner, mais il s’agira de rencontres individuelles et non de groupe, une situation qui, selon lui, ne mènerait qu’à des empoignades improductives et inutiles.

Une chose est certaine, dit-il, ce Parlement ne sera pas dissous prématurément avant plusieurs années. « Personne n’aura l’outrecuidance de même fantasmer à l’idée de relancer le Canada et le Québec en élection avant plusieurs années. »

Et le fardeau de la continuité, précise-t-il, repose entièrement sur les épaules du premier ministre Trudeau. « Il est du devoir et du devoir seul du premier ministre seul et lui-même de toujours trouver un partenaire pour faire voter les choses comme il le voudrait, sinon de négocier, de les améliorer avant de les faire adopter. Mais le chantage à l’élection ne doit plus avoir cours, surtout pas de la part du gouvernement. »

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